L’exécutif portugais présente son projet de budget 2017, et se dit prêt à taxer l’immobilier pour ramener le déficit sous la barre des 2% de PIB. Un numéro d’équilibriste pour le Premier ministre socialiste Antonio Costa. Antonio Costa se prépare à un numéro d'équilibriste. Le Premier ministre socialiste présente ce vendredi le projet de budget 2017 devant le Parlement de Lisbonne. Ce n'est que la première étape pour le texte qui devra ensuite être débattu et amendé au Parlement, approuvé par les alliés d'extrême gauche, puis validé par la Commission européenne.

Bruxelles

A Bruxelles, on attend avec un intérêt tout particulier le document de Lisbonne, alors que le Portugal, qui a échappé de justesse en juillet dernier à une sanction pour déficit excessi f, a promis des mesures correctives supplémentaires pour redresser les comptes publics. L'objectif est de ramener le déficit de 4,4% de PIB en 2015 à 2,5% cette année, avant de le faire passer sous la barre des 2% en 2017.

Un exercice exigeant

« A mesure que nous gravissons la montagne, l'exercice se fait plus exigeant », reconnaît Antonio Costa, sans se départir se son flegme. Selon la presse portugaise, le budget 2017 s'inscrira dans la même ligne que celui de cette année, avec une hausse des impôts indirects pour compenser la baisse de la fiscalité directe sur les classes moyennes.Le ministre des Finances, Mario Centeno, a dans les tuyaux une nouvelle taxe sur les biens immobiliers, ainsi que la fin de l'allègement d'impôt sur les locations touristiques qui devraient être dorénavant alignées sur les tarifs de la location traditionnelle, mais son projet d'impôt sur les grandes fortunes est toujours au point mort. Le gouvernement socialiste promet une hausse des retraites et le retour au plein salaire des fonctionnaires après cinq ans d'efforts, ainsi que l'élimination progressive d'une surtaxe sur l'impôt sur le revenu.

Convaincre

Reste à savoir si ces projets arriveront à convaincre Bruxelles qui attend des mesures effectives d'économie à hauteur de 450 millions d'euros. Cette préparation du budget 2017 a lieu alors que DBRS, la seule agence de notation qui maintient la note du Portugal au-dessus de l'investissement spéculatif, manifeste ses inquiétudes face à la situation économique du pays qui tarde trop à mettre en marche les réformes attendues.Elle signale que le pays est entré dans un « cercle vicieux », avec une dette trop élevée, qui atteint 131% du PIB, et une croissance qui sera de 1,1% cette année (loin du 1,8% prévu), stagnant à un niveau trop faible pour relancer la machine. Ces avertissements tombent alors que DBRS doit en principe revoir sa note de qualification de la dette souveraine portugaise le 21 octobre prochain.Sources : Les Echos